Pas de musique sur cet article coup de gueule car radioblog est en maintenance. Le conseil d'administration exceptionnel de ce blog est désolé de l'absence de joyeuseté sonore sur ce billet et s'en
excuse auprès des fidèles lecteurs. Cependant, aucune voie de recours n'est possible, aucun délai n'est ouvert.
Ahah, que puis-je être juridique après avoir subi une
émigration non choisie (oh pauvre de moi! Sarkozy, sors de ce corps!)
à l'Ecole Supérieure de Commerce de
Toulouse (To lose Be 'zness c'est cool... dans un anglais à la dactylographie toute aussi approximative que l'accent avec lequel ces mots nous ont été prononcés, quand on se prétend ouvert
sur l'international, c'est regrettable).
Récit d'une semaine de cours à l'ESC Toulouse :
Partant d'une bonne volonté, i.e. un rapprochement entre le vénérable institut de création des cadres de la fonction publique (et aussi en partie du privé) et l'institut de l'argent
triomphant qu'est l'ESC toulouse pour parvenir plus tard à un double diplôme Sciences Po - ESC, très prisé des recruteurs (formation à la fois riche en culture générale et ayant un pied dans le
monde capitaliste) sans avoir à faire et l'ESC et Sciences Po (et aussi pour éviter la création d'une filière économie-finance lourde à l'IEP), ce dispositif se révèle
atrocement chiant
(pardon ce n'est pas politiquement correct) un
échec à mon avis, en tous cas du point de vue d'un iepien (ou sciences pote, ou pipoteux... enfin bref, étudiant à sciences
po).

Ci-dessus l'Ecole des Sans-allure
capitalistes (bâtiment moderne et froid, pas toujours achevé à l'intérieur)
En tous cas, j'espérai - naïvement faut-il croire -acquérir un certain regard sur l'économie (à l'ouest, rien de nouveau), mais aussi un vrai savoir économique
(idem, ai-je envie de dire), découvrir une autre école (ça c'est fait!) et probablement nuancer mes préjugés sur le monde des écoles de commerce, me sortir de mes présupposés.
Et bien, candide que j'étais, il ne me fallut que peu de temps pour réclamer (à qui? implorer le ciel? jamais!) un retour rapide auprès de ma "sociologie de l'état", de mes "finances publiques" et
autres "sociologie de l'action publique". Et ce, dès le premier jour, le plus dur reste que j'ai eu l'impression que ça n'a fait qu'empirer les jours passants.
En même temps, cet échange a eu le mérite de nuancer mon discours critique vis-à-vis de Sciences Po et de me rendre compte que c'est vraiment pour faire du droit, de la sociologie, de l'histoire...
que je suis venu là. Je crois que je n'ai jamais autant attendu la reprise des cours à Sciences Po depuis mon entrée dans cette école.
Même les profs que j'apprécie le moins me
manquent au plus haut point.
Nous avions donc au menu deux cours : un cours obligatoire de 15h de "Stratégie d'entreprise" et un cours optionnel au choix de 15h, j'ai pris, en bon syndicaliste militant et curieux de tout,
"pratique de la négociation sociale" à mon grand dam ensuite.
Le cours de Stratégie d'entreprise est très général, dans cet amphi très mal construit, en forme de triangle, où je découvre (avec d'autres) stupéfait qu'
ils n'ont pas accès au
WIFI (internet sans fil, ici compris au sens de réseau wifi interne à l'école permettant l'accès libre des étudiants au net sur leur ordinateur portable, leur permettant de faire des
recherches tout en tapant leur cours sous Word).
Qu'est-ce à dire?
La deuxième année à l'ESC coûte plus de 8000 euros à chaque étudiant et ils n'ont même pas droit à un service auquel nous avons droit à Sciences Po pour 10 fois
moins de frais de scolarité annuels (autour de 800 euros, avec des nuances selon que l'on est boursier ou non, un boursier échelon 5 étant exonéré). Ce service est aussi un service auquel ont droit
les étudiants de l'Université Toulouse 1 (Droit, Economie, Gestion...) [en face de Sciences Po] mais aussi beaucoup d'étudiants de ces facultés si "désargentées" et en "perte de vitesse" que l'on
s'empresse avec la Pécresse de rendre moins démocratiques (moins de rprésentants étudiants au CA) et plus proche du privé (sans toutefois créer de vrais services des stages/emplois/emplois d'été,
ni de forum emplois réguliers, ni de véritables ponts entre les étudiants et le travail, mais seulement un rapprochement capitalistique).
Il faudra donc qu'on m'explique sur ce point
pourquoi valorise-t-on tant les ESC et autres écoles de commerce quand en payant si cher, ils n'ont même pas un service minimum offert
par l'université, et en quoi peut-on qualifier ces écoles de "Grandes écoles"? Le concours peut-être, les capacités de stage de haut niveau (ou plutôt dans des métiers à forte rémunération, parce
que le niveau intellectuel demandé et le niveau de travail fourni n'est franchement pas impressionnant) surtout.
Déjà, étudiant en Hypokhâge côtoyant des étudiants de prépa "HEC", je voyais la différence de niveau entre une hypokhâgne et une prépa HEC ou EC (écoles de commerce), et cela m'atterrait que l'on
puisse se revendiquer de prépa, quand la CPGE ressemble à un BTS moyen un peu plus renforcé (sans aucune dévalorisation des BTS bien sur, ce qui est fait en BTS est très bien et s'adresse à un
certain type d'étudiants, c'est très professionnalisant et permet un accès à l'emploi plutôt bon, mais plutôt en terme de comparaison de la difficulté des études - ce n'est pas parce qu'un BTS est
plus facile qu'une CPGE qu'un BTS est nul, bien au contraire, il est nécessaire d'offrir différents niveaux de formation pour résoudre aux capacités mais aussi aux envies différentes de
chacun).
Je n'étais pas au bout de mes surprises. Le Cours de Stratégie n'est autre que notre cours de Gestion des Organisations du 1er Semestre de 2ème année à Sciences Po, sous un angle que je trouve
beaucoup plus individualiste.
Où est donc la cohérence de l'échange et la coordination pédagogique??? (cherchez bien, si vous trouvez, faîtes le moi savoir)
Si c'est pour qu'on nous répète du
déjà-vu à l'IEP, cet échange est inutile, autant rester dans nos amphis (en tout aussi mauvais état qu'ils puissent être. Le premier professeur
pose des questions comme "l'entreprise doit-elle vraiment s'occuper de problématiques environnementales ou sociales? Cela ne pourrait-elle pas la desservir et lui faire perdre une part de sa
productivité et de sa rentabilité, de répondre à une demande sociale?".
A ce moment-là, alors, je m'interroge sur le
but de l'entreprise : faire des profits à son propre profit, ou en faire bénéficier la société (au sens de communauté des hommes)?
On retrouve là la théorie libérale : laissez donc faire la main invisible, les ressources se répartiront d'elles-mêmes, de façon naturelle. Quelle vaste blague! Le profit ne se répartit pas si
celui qui en est bénéficiaire ne le partage point. Sous-entendre que la société est forcément bénéficiaire du profit individuel est une sottise. Surtout que si l'on ne se préoccupe pas
d'environnement, l'environnement, lui, ne permettra plus de faire du profit un de ces jours.
A la pause, Oh stupeur! Après avoir beaucoup entendu parler "d'avantages concurrentiels" à maintenir (ahah
niquer les autres firmes Miam! euh pardon, maintenir
sa position concurrentielle), je découvre que
Sciences Po dispose d'un incroyable avantage concurrentiel sur l'ESC (on est les meilleurs! ouais!... ah, pardon) :
le café y
est moins cher et bien meilleur, ainsi que les distributeurs de junk food (kit kat et autres) sont plus chers à l'ESC.
Ainsi,
nous avons le Wifi pour moins cher et un meilleur café pour moins cher aussi (le café est à 40 centimes et plutôt bon par chez nous et à 50 cents et vraiment mauvais à
l'ESC).
Ahah, et c'est eux qui vont nous apprendre les "avantages concurrentiels", ils n'en ont même pas par rapport à nous (à part les stages, peut être).
Ainsi, le cours fournit d'une part la preuve qu'aujourd'hui
le système économique tourne pour lui-même, dans une bulle qui se veut détachée de conséquences sociales ou
environnementales, qui veut oublier qu'elle n'est qu'une structure d'organisation de la société et des échanges.
Des
lieux communs capitalistes ou d'individualisme appliqué à toute organisation (donc quelque chose qui devrait être collectif) nous font office de cours. Au secours, sortez moi
de là, je supporte de plus en plus mal ce cours.
Mercredi midi, enfin, nous passons à la
"pratique de la négociation sociale" où nous devions aussi faire une mise en situation de conflit social (c'est ce qui avait été annoncé
vaguement) mais n'en avons pas fait.
Là,
le cours est professé par deux DRH, successivement.
Aucun d'eux n'a une formation d'enseignement, n'a de pédagogie, ni de recul critique, d'analyse, de mise en
perspective ou de question ouverte qui laisse place à plusieurs interprétations...
Non, ils nous livrent leur
expérience personnelle et professionnelle comme grille d'analyse du monde du travail en France et schéma généralisable. Alors, bien sur, la transmission
d'une expérience professionnelle est intéressante. Mais sachez, chers lecteurs, que ces profs (qui n'en sont pas, ce qui me gène et même m'irrite, je n'ai pas l'impression d'être en cours, pourtant
la plaquette disait "cours à l'ESC") ont été, pour la première, DRH chez Job (plus gros conflit social toulousain des années 90, fermeture et
suppression de 4000 emplois en 1994)
et gestionnaire de la fin, et DRH chez Liebherr (leader européen des engins de travaux publics), gros conflit social au moment de la fermeture avec 3000 emplois à la clé et sont fiers de s'afficher
en ce que notre vieil ami Ernest-Antoine Seillière (ex-baron du Medef, toujours baron, toujours patron mais responsable du patronat européen, la France ne lui suffisait plus, faut-il en déduire)
qualifierait de "tueurs sociaux".
Ils sont fiers d'avoir "su gérer des situations de crise" [en gros d'avoir mis au chômage plusieurs milliers de personnes, dont une part pour un temps long, d'avoir provoqué quelques suicides ou
crise de famille, aprticipé au chômage de la France].
Commençons dans l'ordre du menu. Notre première DRH affirme au début du cours que
"la pratique de la négociation sociale est dévalorisée en France et la représentation du personnel souffre
d'une trop mauvaise image". Jusqu'ici tout va bien, mais
gare à l'atterrissage qui arrive très vite. En fait, dix minutes plus tard,
elle nous explique
comment elle faisait elle pour
déjouer les syndicats (et encore, je n'utilise pas son langage, vulgaire). Le rôle du DRH était, selon l'introduction du "cours" (oui, je
n'aurai de cesse de dénier la qualité de cours à ce que nous avons vu là), de faire lien entre les salariés, les représentants des salariés et la direction. Peu de temps après,
le rôle du
DRH est plutôt de "corriger le vocabulaire maladroit du PDG". En gros, pour un licenciement, on garde la même idée ("vous êtes des feignasses qui ne travaillez pas assez au prix qu'on vous
payez alors on va faire trimer des gens qui ferment leur gueule, bossent plus et pour moins cher") présentée différemment, comme un opportunité pour le personnel sous le coup du plan
(anti)social.

Ci-dessus l'amphi triangulaire que nous avons quitté
pour aller voir les DRH
J'oublie de préciser qu'avant son cours, la DRH avait un souci informatique (pc qui en démarre pas) que j'ai pu régler, et un problème électronique (qui pour le coup n'est pas dans mes capacités) :
à chaque fois qu'elle branche son pc sur secteur, les enceintes de la salle ont toutes un bourdonnement dérangeant. J'y regarde de plus près, que vois-je?
la prise est à nu! C'est
un véritable danger.
Et après nous nous plaignons de nos problèmes de rétroprojecteur à Sciences Po!
Bref, dans ce cours, on apprend encore les techniques des syndicats pour obtenir satisfaction "mais heureusement, on [la direction de l'entreprise] les connaît"... Ah parce que pour vous négocier,
c'est imposer au syndicat et aux employés?
Je croyais que négocier était la recherche d'un accord efficient qui satisfasse le plus grand nombre, mais peut-être me trompe-je. Encore
un mystère de l'ESC.
Le deuxième DRH est un roman à lui tout seul, une vraie caricature, un archétype incroyable. Il nous balance (c'est le terme qui convient), des lieux communs, des généralités, des
banalités, des présupposés sur la grève, le syndicalisme...
Alors :
1. La France serait le pays le plus gréviste au monde. Faux, je le reprends sur ce point, il me demande mes sources, et les voilà :
article de
François Doutriaux enseignant en droit privé et consultant juridique indépendant,
spécialisé en droit du travail et en droit pénal; rapport de l'Acrimed; article
d'un chargé d'enseignement à Sciences Po Paris ... et encore, je ne vous fais pas une liste exhaustive et si l'on regarde les données de la DARES (organisme étatique qui mesure aussi
la conflictualité au travail), ces chiffres ne semblent pas infirmés. Chiffres que je lui ai apporté l'après midi et qu'il essayait de nuancer par un balbutiant "oui, mais quels sont les secteurs?
est-ce que le public est compté ou pas?" de façon malhabile.
La France serait donc quoi qu'il en dise, aujourd'hui 11ème pays au monde en terme de jours de grève par salarié et par an.
2. Un conflit social a plusieurs étapes (non, tiens, je ne pensais pas. C'est vrai?). La première étape est "la grogne" (avec un r un peu roulé et gras), "vous savez quand on râle,
qu'on dénonce, qu'on en a marre, on ne sais pas trop pourquoi mais on râle [là encore en râle gras et accentué], ça va pas".
Je le reprends (en attendant qu'il m'ait accordé la parole bien entendu) :
"grogne, selon le Larousse 2006 (ce sont des gauchistes qui ont écrit ça je parie) correspond au
cri du cochon, à mettre en lien avec le groin, j'en déduis donc que vous rabaissez les grévistes au rang d'animaux. C'est extrêmement
péjoratif pour décrire des employés
qui dénoncent une situation problématique au sein de l'entreprise, et qui donc, ne font par là, que souhaiter le bon fonctionnement de l'entreprise."
Réponse de l'intéressé qui piaille à chacun de mes mots
"Alors là, détrompez vous, ce n'est pas péjoratif dans ma bouche, en tous cas, je ne veux certainement pas les rabaisser
comme vous dites. Mais pour la grogne, ce n'est pas péjoratif [mais prenez le Larousse nom d'une pipe! S'il continue, je vais à mon tour être vulgaire, mais je ne veux pas être aussi beauf que
lui], trouvez-moi un autre mot et je changerai le transparent
".
Et bien pour moi cette étape c'est la dénonciation d'une situation problématique. Le mot qui convient est
"mécontentement", je n'y ai malheureusement pas pensé sur le moment.
3. Les syndicalistes qu'il a rencontrés, lui, ont toujours été des gens très corrects et appréciables, mais ceux de chez Job auxquels a eu affaire sa collègue sont des "salopards"
(sic).
Qu'est-ce à dire? Ainsi, lui n'a rencontré que des gens biens, mais les syndicalistes ailleurs sont des horribles "salopards" voir "ont un comportement de terroriste". Je crois ici que l'on peut
remplacer "syndicalistes" par "juifs" ou "arabes", faîtes le test. C'est le raisonnement de base du racisme, du sexisme et de tant d'intolérances (dans intolérance, il y a rance) --> Tous des
salauds sauf ceux que j'ai croisé. Toutes des salopes, sauf ma femme, etc...
4. "Les jours de grèves étaient tous payés dans l'éducation nationale jusqu'en 2003" (resic). Là encore, je le reprends, je ne peux laisser dire une chose pareille, fils,
petit-fils et arrière petit-fils d'enseignants, petit-fils d'un responsable syndical de la défunte FEN (je n'aime pas trop exposer ma vie en ces pages, mais puisque j'ai exposé cela devant tous, en
faisant un parallèle "vous semblez beaucoup parler de votre expérience personnelle, alors j'aimerai vous faire part de la mienne quant aux grèves dans l'Education nationale). Alors, je lui dis que
les jours de grève n'ont jamais été payés dans l'éducation nationale, ou alors que le ministère est dans l'illégalité avec ma famille, ce que j'ai du mal à concevoir (la loi étant la même pour tous
non?).
En fait, mon information est aussi imprécise, mais moins que la sienne.
La réalité est que, jusqu'en 2003, lors d'un conflit long dans l'Education Nationale, dès lors que le gouvernement ne veut pas faire du tout de concessions et que le conflit a
quand même duré,
sur un mois de grève, une semaine et demi ou deux semaines de salaire pouvaient (pouvaient, ce n'était donc pas une règle stricte appliquée automatiquement) quand même être
versées pour éteindre la contestation et lâcher du mou à la plèbe vindicative, pour éviter de lâcher sur le projet source des tensions.
Mais, comme je le lui disais, cette annonce de "ne pas payer les jours de grève" était bien utile pour jeter l'opprobre sur la fonction publique et créer un différend entre salariés du privé et
salariés du public, de fait provoquer l'avortement d'une solidarité public-privé dans cette lutte.
5. L'insulte est facile dans sa bouche, le mépris aussi, mais la réflexion l'est beaucoup moins. J'avais vraiment l'impression d'une supériorité intellectuelle par
rapport à celui qui est censé me professer un cours. C'est très dur.
A Sciences Po, nos profs sont souvent impressionnants de culture (Eymeri-Douzans par exemple est une vraie
"bête" en sciences politiques, major de Sciences Po Paris) et l'on les écoute avec respect et admiration pour certains.
Là, j'ai l'impression d'avoir un intervenant faible, un "beauf", un
DRH de droite aux préjugés ayant la vie dure. Nous avons quand même des profs de droite à Sciences Po, même certains limite d'extrême droite, mais ils laissent toujours place à la
réflexion et respirent le savoir. Même Henri Roussillon, président de l'Université de droit, et conservateur exécrable dans ses positions politiques, est cent fois plus agréables. Au moins, son
point de vue est argumenté, appuyé, discutable, et discuté, approfondi, recherché, parfois pas toujours aussi fin mais tout de même.
Le DRH de droite, sans culture c'est quelque chose qui me rebute. Surtout quand il balance des slogans, sans argument. Vraiment.
De plus,
il ne se rend même pas compte qu'il s'adressait à un parterre d'étudiants qui sont souvent plus syndiqués ou plus impliqués que la moyenne, et
insultait donc une
partie de ses interlocuteurs.
Quelle horreur.
Je me sentais dans son cours comme les rares fois où j'assiste à une messe. A chaque mot du curé (ici un DRH messianique qui défend la direction de l'entreprise et le profit, la
rentabilité), en moi viennent naturellement la critique, le blâme surtout, mais l'idée contraire et le développement d'arguments contradictoires. Je ne peux même pas m'en empêcher, c'est machinal,
un réflexe naturel, comme une "autodéfense intellectuelle".
Ce séjour long et pénible, m'a permis de développer certaines idées.
Il faut réformer l'enseignement économique en France. Les écoles de commerce
sont toutes privées et chères, n'ayant alors aucun droit de regard de l'Etat sur les enseignements, le contenu des programmes...
Tout comme Sciences Po fut nationalisé en 1945 par le Conseil National de la Résistance, cette fois sous l'impulsion de Charles de Gaulle, instigateur aussi de la création de l'ENA,
peut
être faudrait-il songer à les nationaliser, ou du moins, à ce que l'Etat ait un droit de regard sur l'enseignement professé et les services aux étudiants en rapport au prix payé en termes de droit
d'entrée à l'école.
J'ai aussi appris que les étudiants de l'ESC avaient
50h obligatoires "d'intérêt général" (travail dans une ONG, un centre d'action sociale, une MJC...) parce que "l'intérêt
général, ils ne connaissent pas, ce n'est pas une notion très développée ici" dixit notre premier prof. J'évite de le citer car je ne veux pas faire d'attaque a
d hominem. Ce que je blâme
ici, c'est un système.
Mais quoi de mieux pour dégoûter de l'intérêt général que d'en faire une contrainte, limitée dans le temps? Rien, m'est avis. De fait, le reste du temps est consacré à leur égo
propre, et au profit individuel, qui ne sert pas la société (enfin, si la société, mais définie en tant qu'entreprise, que groupe capitalistique).
Les ESC et leurs homologues ne sont donc qu'un
outil de reproduction d'un système économique, mais surtout de certains schémas dans ce système économique.
C'est donc cela que l'on valorise tant, ce sont donc des étudiants de prépa EC pédants [mais sans même les moyens de leur prétention, une pseudo-élite aculturée, voilà donc la belle affaire... et
bien, j'avoue, quitte à être élitiste, soyons le jusqu'au bout : que ceux qui prétendent être au dessus des autres le soi réellement, d'une certaine manière. Que ceux qui prétendent influer sur le
monde aient au moins plus des clés de base de compréhension du monde] qui ont réussi