
Petite chronique, issue du site du Parti de Gauche :
Mardi, 27 Janvier 2009 19:04
Après une journée électorale qui s'est déroulée dans le calme, la nouvelle constitution bolivienne a été largement approuvée par 60% des voix lors du référendum dimanche 25 janvier. C'est
une victoire importante d'Evo Morales qui bataille pour appliquer le programme pour lequel il a été élu en décembre 2005 avec 53% des voix et confirmé en 2008 avec 67% des voix, alors même
que les détracteurs de son projet n'ont cessé de susciter, depuis 2006, des troubles violents. Ce pays de 10 millions d'habitants sur un million de km2, le plus pauvre d'Amérique latine, se
donne les moyens de changer, pacifiquement et en ayant systématiquement recours aux urnes.
Ce texte, préparé et discuté par une assemblée constituante, réclamée depuis 1989,est un compromis qui assure la paix sociale, mais les 411 articles de cette 16ème constitution
affirment un pays nouveau :
-Un pays laïc : pour la première fois depuis l'invasion européenne et catholique, l'Etat est indépendant des religions qu'il reconnaît toutes mais sans statut particulier
pour aucune. D'où la vigoureuse opposition catholique, jusqu'ici religion d'Etat, qui s'inquiète aussi, en écho avec les mouvements évangélistes, que ne soit pas mentionnée la reconnaissance du
droit à la vie depuis la conception. Leur opposition aura cependant été assez forte pour empêcher la reconnaissance du droit à l'avortement, condamnant ainsi à mort plusieurs centaines de
Boliviennes tous les ans.
-Un pays où la justice sociale est assurée par l'action de l'Etat dans l'économie et par la redistribution des richesses: La taille maximum des exploitations
agricoles est fixée à 5000 ha. Les grands propriétaires terriens producteurs de soja ou éleveurs ont obtenu pendant la difficile période de négociation que la mesure ne soit pas
rétroactive mais la majorité des paysans de l'altiplano et d'ailleurs y trouvera son compte. C'est un aboutissement de la réforme agraire commencée en 1952, puis noyée sous la corruption des
mouvements sociaux-démocrates et néolibéraux, avant d'être reprise par le gouvernement d'Evo Morales.
La propriété par l'état des ressources naturelles est affirmée : Avant-hier, le Président, fidèle à ses engagements nationalisait Chaco, compagnie pétrolière détenue par une filiale de BP
au profit de la Compagnie publique des hydrocarbures(YPFB), La redistribution des bénéfices des gisements de gaz découverts en 2000 (deuxième réserve de gaz d'Amérique latine :
1,6milliards de m3) à tous les Boliviens ne convient certes pas à Tarija, département de 400000 habitants sur le territoire duquel se trouve le gisement et qui réclamait une large
autonomie, de même que la riche Santa Cruz et les autres départements de l'Est qui s'emploieront à bloquer la mise en œuvre de la nouvelle constitution avec l'appui du sénat actuellement
contrôlé par la droite.
- Un état indépendant et souverain qui n'a pas hésité malgré les réticences des milieux d'affaires à dénoncer les accords de libre-échange de 1991 avec les USA, à interdire
l'importation des voitures de plus de 5 ans, polluantes, à dénoncer les conditions iniques que l'Union européenne entend imposer aux pays andins pour leur garantir le droit à l'accès à son
marché. Mais un pays qui trouve soutien en Amérique latine et peut être une inspiration pour les partis de gauche encore minoritaires des pays occidentaux !
-Un pays unitaire mais décentralisé qui reconnaît les droits et la culture des 36 nations indigènes, qui leur accorde des pouvoirs territoriaux et les rétablit dans leur
dignité, tout en assurant une décentralisation depuis longtemps attendue au niveau des départements..
- Un pays démocratique : Le président élu, dirigeant le pays et le gouvernement pourra se présenter en décembre 2009 pour un seul nouveau mandat de 5 ans. Les préfets des 9
départements sont élus et le droit à l'autodétermination des peuples indigènes reconnue.
En Bolivie, le vote est obligatoire et les 3,9 millions d'inscrits se sont exprimés sous le regard de 200 observateurs de l'OEA, de l'UNASUR, de l'Union européenne : le succès d'Evo
Morales est donc sans conteste : nous nous en réjouissons et renouvelons notre soutien plein et entier à la révolution démocratique menée par le peuple bolivien. Tout comme il
l'a fait pour nous soutenir lors du premier rassemblement du Parti de Gauche le 29 novembre dernier, c'est à notre tour de lui envoyer nos salutations fraternelles et révolutionnaires pour la
continuation de sa lutte et de celle de son peuple vers une Bolivie plus digne, plus juste et plus souveraine."
Ensuite, un message des centrales syndicales :
Le 29 janvier 2009 on va se faire
entendre
envoyé par a_sociale
Je crois que
les centrales syndicales ont bien raison de vouloir faire du 29 janvier une étape, et une certaine forme de réponse à son affirmation que les grèves ne font plus de bruit en
France.
Je crois au contraire qu'il faut rendre à la grève le bruit qu'elle devrait avoir. Les échos médiatiques, malgré le fait qu'ils soient souvent défavorables, laissent à penser que
la journée
d'action nationale unitaire intersyndicale et interprofessionnelle sera suivie et fera du bruit, n'en déplaise au Tsar Kozy.
J'aimerai préciser que
ce n'est pas vraiment une grève générale tout de même, car
la grève générale a ce caratacère de durée dans le temps : elle
a toujours été dans l'histoire à
la fois reconductible et reconduite. Etant donné que
les annonces à propos de la grève du 29 janvier
ne comportent aucune de ces deux clauses. Difficile dès lors de parler de
grève générale malgré un raz-le-bol qui, lui, l'est (général).
Pour autant,
j'espère qu'une dynamique s'enclenchera après le 29 janvier, pour donner un certain coup d'arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy qui, en plus d'aggraver le prix de la crise
pour les Français, ne répond en rien aux besoins actuels du peuple.
Au delà du recul affiché sur certains points,
demeurent une ambiance générale morose et des mesures toujours aussi
scandaleuses : la suppression de la publicité sur l'audiovisuel public sans les garanties budgétaires nécessaires à la pérénnité d'un service public de qualité, les suppressions de poste de
fonctionnaires sans calcul des besoins au cas par cas, la limitation du droit d'amendement (avec même l'interdiction possible du droit d'amendement sur certains textes) qui est un véritable recul
démocratique dont peu pourtant se saisiront malgré la gravité du sujet ....
Il serait bon que notre Véloce Souverain modifie sa trajectoire sous la pression de la rue, investie par ses sujets en masse, comme je l'espère.
Je ne peux vous laisser chers lecteurs, sans glisser une petite remarque à l'attention de mes amis les socialistes :
l'idée de la motion de censure n'est pas une mauvaise idée en soi, mais
j'ai plusieurs questions qui me viennent à l'esprit :
1/ pourquoi si tard?
2/ pourquoi le PS (du moins ses dirigeants) n'a pas soutenu vraiment (à part dans le discours) les lycéens en lutte? ni la lutte contre la loi pécresse? ni tant d'autres combats?
3/ pourquoi le PS ne cherche pas à faire autre chose que le bon coup médiatique que représente une motion de censure (refusée, évidemment, et c'est bien normal),
l'impact concret n'étant que
très faible?
A bientôt chers lecteurs.
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