Georges Brassens - Le Gorille
Mr Nicolas Nagy de Bosca Sarkozy, je me décide enfin à prendre la plume pour vous féliciter de tout ce que vous faîtes pour la Nation et surtout pour votre image.
Ne voyez pas là signe de sarcasme ou d’ironie de ma part, au contraire.
Je tiens sincèrement à vous remercier :
- d’avoir écrasé toute cette racaille jeune et immig…d’avoir laissé empirer une situation de tension latente à des fins politiques, exploitant l’explosion des violences urbaines pour marteler des contrevérités pendant plus d’un mois sur la plupart des médias (Bouna et Zied n’auraient pas été poursuivis le 27 octobre selon vos propres propos tout au long du mois de novembre [et les exemples sont bien trop nombreux], l’enquête prouve aujourd’hui le contraire)
- d’avoir enfin expulsé tous ces squats, ces SDF, ces sans papiers, d’avoir su éliminer du paysage certaines manières de vivre, comme certaines populations, petit à petit, sans trop éveiller les résistances
- de ne pas vous être attaqué aux causes profondes de ces rancoeurs, ces haines, ce désespoir et cette violence
- d’enfin attaquer les fumeurs de cannabis (« une drogue ne peut être douce » etc etc), qui, il est vrai, se sentent en impunité et sont de vrais tueurs de voisins après 2 ou 3 pétards dans le cerveau. Vous avez raison, il n’y a pas de problème de santé publique qui ne soit plus urgent, et surtout l’alcoolisme n’existe pas, et puis l’alcool n’est pas vraiment une drogue, d’ailleurs buvez du vin…
- d’avoir pour soutien de campagne un des plus gros consommateur de cannabis de France, Doc Gynéco. Qu’attendez-vous pour le faire arrêter par votre compagnie de CRS ? En plus il prônait l’inaction, l’improductivité et le non-travail il y a peu (« Donne moi un smic au black… »)
- de suivre votre mentor Chirac (un très « grand destin qui est le sien », selon vos propres propos en 1975, ne parliez-vous pas déjà de votre propre carrière ?) en mentant sans vergogne (« Gdf ne sera pas privatisée, je vous le garantis » en 2004, « ouverture du capital de gdf » 2 ans plus tard)
- d’avoir une confiance aveugle dans les fonctionnaires de police qui sont, pour partie, loin d’être au quotidien les héros que vous idéalisez en public, et qui respectent peu en banlieue (et même en ville), souvent au faciès d’ailleurs, votre circulaire d’interdiction du tutoiement
- d’oser enfin attaquer la fausse gauche qui connaît mal son histoire (ce n’est malheureusement pas si faux) et de réutiliser des penseurs de gauche pour recréer une vraie droite, quel courage politique, quel risque que vous prenez là !
- d’avoir épuré la presse française (restent Marianne, Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo), la radio (Ho, tiens une émission de Daniel Mermet sur France Inter, déplaçons-là, c’est mauvais de laisser la populace réfléchir) et la télé (bientôt la disparition des guignols de l’info et l’embauche à la télé publique selon que vous êtes en couple avec un membre de l’UMP ou non ?)
- de confondre religion et origine sociale. En effet vous avez voulu nommer un « préfet musulman ». Quid des Arabes (enfin, des français d’origine arabe) non musulmans, des arabes athées, des arabes chrétiens (rares je l’admets, mais ils existent), des arabes agnostiques, des juifs arabes ? Je vous pose la question : pensez-vous que la discrimination dont ils sont victimes soit religieuse ou ethnique ?
- de redonner à la Phrance [orthographe délibérée, clin d'oeil à un ami-NDLA] un panache d’Ancien Régime ou d’Empire, au moins en restaurant un aspect important et donc de faire revivre des temps oubliés (fantasme de tout prof d’histoire) : le retour aux corporations, ce que vous avez clairement proposé dans vostre [là encore, orthographe délibérée de ma part et répétée ensuite] allocution publique (« Oyez, Oyez Braves gens, Nicolas va Parler ») du 14 janvier pour vostre investiture si démocratique (sur laquelle je reviendrai), proposant la possibilité de se présenter sans soutien de liste aux élections professionnelles. Les corporations ont pourtant été abolies en 1848, seul le Maréchal, sauveur de la France avait osé les rétablir, interdisant les syndicats. Sauvez-nous, vous nostre grand chef à tous, du despostime totalitaire des syndicats et de ces corps intermédiaires !
- d’encourager les gens à boire du vin (le lundi 5 février sur votre chaîne, la une, inutile de le préciser) et de dire peu après que vous ne buvez « pas d’alcool ». Détruisez-vous, ça fait avancer l’économie française, mais je ne vous suivrai pas (comment, j’apprends que vous ne buvez pas d’alcool ? Si ce n’est point la cirrhose, un ulcère, la simple pollution parisienne ou l’érosion du temps viendront forcément à bout de votre corps comme les autres)…
- d’appeler les Français à s’endetter (ah la fameuse, et ô combien fumeuse, idéologie du risque) alors même que c’est l’épargne des ménages français qui finance le remboursement de la dette publique. Et dire que vous avez été ministre de l’économie et des finances et avez donc fréquenté les bureaux de Bercy…
Sarko Is Back
- de trafiquer les chiffres, la délinquance a baissé, mais tous les indices de violences, vols, etc ont augmenté… Comment peut on faire constater par les agents plus de faits et dire en constater moins dès déploiement plus massif des forces du désordre ? Vous l’avez encore fait à l’occasion de votre mal nommé Congrès/coup de force, où réunissant tout de même près de 30 000 personnes (ce qui est déjà une grande réussite dont vous pouvez être fier) et trouvant de bon ton d’annoncer à la presse le chiffre de 80 000 dans un premier temps, puis 100 000 personnes dans un deuxième temps, et avec l’appui répété des médias (et même Le Monde). A quoi cela vous sert-il de grossir des chiffres pour une fois largement à votre avantage ? Pouvez-vous vraiment gouverner la France sans mentir, si vous êtes si proche de la mythomanie ? http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/226306.FR.php
- d’avoir une équipe de soutiens exilés fiscalement, ils aiment tellement la France qu’ils la quittent eux, mais pas complètement hein, parce que si on est blessé, on vient se faire soigner dans les hôpitaux de qualité (comme le Val de Grâce par exemple ?) financés par les pauvres cons méprisables (qui n’ont même pas la « liberté de penser ») qui payent des impôts.
- de donner à une raffarinade une vie après la mort politique de son auteur : « l’intelligence de la main ». Vous entendre dire ça à une heure de grande audience un lundi sur une chaîne nationale (iste ?) fut pour moi un véritable ravissement, ah que nos oreilles de « Français d’en bas » manquent ces paroles profondes sorties de l’imagination débordante de notre JP du Poitou. Lui aussi d’ailleurs a du en être ému, les Guignols de l’info et le Canard Enchaîné, je ne sais. Mais cela rappelle aussi le mauvais souvenir de 2003. Méfiez vous de l’humeur de « la France d’en bas » qui peut se révéler fluctuante.
- de savoir masquer vos positions guerrières et conflictuelles sous une multitude de phrases toutes faîtes et consensuelles.
- de changer d’avis à propos de la guerre en Irak, facile après coup (D’accord, vous n’avez pas vraiment pris position à l’époque, mais refuser de soutenir l’effort pacifiste opposé à Bush, n’est-ce pas déjà là une orientation ?)
- de donner un sujet de conversation à de nombreuses personnes
- de reproduire des traits de Bush, d’autres de Berlusconi, nous offrant par là même le syncrétisme de deux désastres politiques.
- de servir de cible aux rappeurs, au moins vous incarnez quelque chose aux yeux d’un plus grand nombre de personnes (même si vous n’incarnez pas la même chose)
- de vous la jouer « revanche du petit qui a beaucoup souffert », le RPPT (Rassemblement des Personnes de Petite Taille – j’en suis) - parti fictif avec emplois fictifs - vous soutient, aussi grâce à son compte aux Îles Caïman, et appelle à voter pour vous. Nous les faibles nous vengerons des beaux gosses et des grands éphèbes à la Villepin, Chirac, de ces coureurs de jupons pédants de par leurs atouts physiques. Ce sont ceux là racaille à karch..., nous leur ferons payer cher leur arrogance
- d’avoir rendu nos rues plus sécurisées (ah bon ? j’avais pas remarqué !)
- de nous avoir offert un grand moment de fébrilité et d’humanité sur notre petit écran, entre transpiration, tremblements, réinstallations de costume et réponses dérivantes
- de savoir capter nos peurs, vous seul pourrez nous protéger (Oh protégez-nous de la racaille, des barbares gauchistes, des tyrans syndicalistes, des tire-au-flanc de fonctionnaires, des salauds d’intellectuels, des connards d’immigrés clandestins, des chômeurs qui ne foutent rien, des rebuts inutiles à la croissance)
- de réfuter toute ressemblance avec le FN et toute velléité d’accaparer son électorat, parce que sans cette précision de votre part, j’aurai eu bien du mal à distinguer cette différence essentielle (ben, vous n’avez pas déjà mis en place 14 des 26 propositions du programme du FN de 2002 ?)
- de mentir à nouveau sur le fait que vous n’ayez jamais volé votre place politique. Pourtant, votre première place, vous l’avez volée à Pasqua à la mairie de Neuilly, vous arrangeant pour laisser paraître un retrait de Pasqua en votre faveur, habile stratège que vous êtes. Alors, je laisse imaginer la suite à ceux qui me lisent… Relisez Les Mains sales de JP Sartre, « crois-tu que l’on peut gouverner innocemment ? Moi j’ai les mains sales, plongées jusqu’au coude dans la merde et dans le sang »
- de mentir sur Sciences Po : vous n’avez fait, ainsi que votre ami Christian Clavier, que la première année, dite à l’époque « Année Préparatoire », la sélection pour l’entrée à Sciences Po se faisait à la fin de cette année là. Vous et votre ami n’avez tous deux pas été acceptés pour la scolarité dans la grande institution. D’ailleurs votre ami non plus ne se prive pas de mentir, laissant accroire à tort qu’il a laché au bout d’un an, parce qu’il « n’aimait pas ça ».
- de mettre tous les maux de la planète sur le compte de Mai 68, enfin quelqu’un qui ose le dire
- de ne pas avoir aimé votre jeunesse pleine de privations, de contraintes et de travail, sans grand amusement et de vouloir faire partager cela à tous les jeunes français insouciants
- d’utiliser Jean-Louis Borloo comme alibi social
Pardonnez moi si ça tire (satire) à boulets rouges ici, je ne voudrais point vous offenser, ni la bien-pensance de droite (comment, j’ose réutiliser votre propre champ lexical, mais en l’appliquant contre votre personne ?). Cependant, j’ai jugé utile de faire un inventaire non exhaustif des traits, des travers et des points nodaux de votre personne.
Amis lecteurs penchant de son côté de la balance, n’y voyez rien contre vous, je vous respecte, et je respecte vos idées, bien que je combatte (mais par là même lui rende hommage, reconnaissant ses problématiques politiques, et lui offrant une légitimité, d’adversaire, mais une légitimité tout de même) ou loue d’une certaine manière ce qui peut avoir le don de m’irriter chez le leader de votre « famille » (éh tu vote pour le capo, sinon on te tue [mort politique s'entend], tu comprends, le capo il acceptera pas un score inférieur à 96%, et puis il pourrait t’arriver d’autres bricoles, d’ailleurs on ne quitte PAS l’Union Mafieuse et Politique, on s’en détache sans la quitter vraiment et on respecte le chef de famiglia) politique.
Je me permets maintenant de citer un article du sarkostique.over-blog :
Nicolas Sarkozy aurait-il du Jean Claude Romand en lui ? Non qu'il soit un criminel au rouleau à patisserie, mais qu'il soit atteint du même mal : la Mythomanie
En effet, il a plusieurs fois insisté sur le chiffre des adhérents de son parti en claironnant qu'il avait dépassé les 250 000 puis les 300 000 adhérents. Balivernes !
Il a par contre bien atteint les 45 000 voitures brûlées pendant son travail au ministère de l'insécurité.
Ainsi le Canard Enchaîné révèle dans son édition du 13 décembre 2006 qu'il a pu s'introduire dans le système informatique de l'UMP et consulter le fichier des adhérents. Et là, oh surprise !
L'UMP, premier parti de France selon son Leader Price Minimo, ne compte en réalité pas plus de 125 953 adhérents . Soit moins que le PS qui en comptait au 31.12.2005, 133 831 selon son fichier. (Lui aussi consulté par les journalistes du Canard)
Ainsi le Hongrois chez les Gaulois Nicolas Sarkozy a-t-il un vrai problème avec les mathématiques. Ou alors il laisse trainer son Karcher et celui ci est utilisé pour nettoyer les noms de ses adhérents.
Avec ce chiffre il ne serait même pas le 5ème syndicat français en terme d'effectif. C'est dire ! Sa rupture il va bientôt finir par la faire tout seul si cela continue !
Découvrez l'art mythomane de Nicolas Sarkozy, le spécialiste du flan en tranche !
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