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Petits mots et grands sens

Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 17:37
Lu ce jour :

"Dès que je veux changer quelque chose, toutes les formes du conservatisme se mobilisent", s'est-il emporté. "J'étais préparé à ça. J'écoute, mais je ne tiens pas compte".
Le président français effectuait mardi à Provins sa première visite de suivi de la réforme de la carte militaire.
[...]
Vincent Eblé, président PS du Conseil général de Seine-et-Marne, a jugé quant à lui insuffisants les 10 millions d'aide publique promis pour compenser le départ des hussards.
"C'est la qualité des projets qui nous intéresse, ça se fait pas au poids. Et elle veut un rôti de combien la p'tite dame ? C'est pas ça", lui a rétorqué Nicolas Sarkozy.
[...] Entre deux arguments sur l'utilité de la modernisation de l'armée, il s'est aussi permis un trait d'humour impliquant son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, native de Turin.
Des régiments ont naguère été installés dans le sud-est de la France pour éviter une éventuelle invasion italienne, a-t-il rappelé.
"On ne voulait pas l'armée italienne, on a eu Carla. C'est quand même plus agréable, en tout cas pour moi", a-t-il dit.
Source : Nouvel Obs



Définition du jour:

Grenelle :
A propos de politique écologique du gouvernemnt actuel, on parle de loi Grenelle 1 qui va être examinée mardi par le Sénat. On parle de loi Grenelle 2, considérée comme la «boite à outils» de la première - un texte particulièrement lourd et technique de plus d'une centaine d'articles - qui sera soumis au Parlement courant mars. Mais un "Grenelle" ne veut rien dire.
Il faut rappeler ici que cette qualification participe de la destruction de l'héritage de mai 68.

En effet, les accords de Grenelle sont des accords historiques. Je citerai ici l'article Wikipédia à ce propos :

"Les accords de Grenelle ont été négociés les 25 et 26 mai, en pleine crise de mai 1968, par les représentants du gouvernement Pompidou, des syndicats et des organisations patronales. Parmi les négociateurs figuraient Jacques Chirac, alors jeune secrétaire d'État aux Affaires locales, et Georges Séguy, représentant de la CGT

Les accords de Grenelle, conclus le 27 mai 1968 - mais jamais signés-, aboutissent essentiellement à une augmentation de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10 % en moyenne des salaires réels. Ils prévoient aussi la création de la section syndicale d’entreprise, actée dans la loi du 27 décembre 1968.

Rejetés par la base, ils ne résolvent pas immédiatement la crise sociale et la grève continue. Cependant trois jours plus tard, le 30 mai, le général de Gaulle de retour à Paris après avoir rencontré le général Massu à Baden-Baden (Allemagne) la veille, conforté par une énorme manifestation de la droite sur les Champs-Élysées, décide la dissolution de l'Assemblée nationale et provoque des élections législatives qui verront le 30 juin 1968 le triomphe des gaullistes de l'UDR (293 sièges sur 378) et mettront un terme à la crise politique.

Le nom de Grenelle est tiré du lieu où se négocièrent les accords, au ministère du Travail situé rue de Grenelle à Paris. Cet hôtel, construit à la fin du XVIIIe siècle, ancien palais archiépiscopal, est en effet affecté au ministère du Travail depuis 1905. La « salle des Accords », ainsi nommée depuis lors, est une ancienne salle à manger dont le décor du XVIIIe siècle a été préservé. Le nom est resté un élément marquant de la vie politique française."

Or, que je sache, le "Grenelle" (de l'environnement) n'est ni signé rue de Grenelle, ni un accord mais un projet de loi du gourvernement.
Dès lors, dans quelle mesure peut-on donner à une loi la même portée que des accord historiques entraînant une hausse des salaires à part par ignorance, sinon par volonté de nuire à l'histoire desdits accords et leur minimisation ainsi que la banalisation dans le vocabulaire du mot Grenelle et un afaiblissement de son sens?
Je vous en laisse juge, chers lecteurs.
Par Anarchange - Publié dans : Petits mots et grands sens
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /Mars /2007 20:31

Spoon - The way we get by


LE DROIT A AGIR

Tiré de "Philosophie magazine" n°7, Mars 2007 :

Grace au mouvement lancé, le 24 décembre dernier, par l'association Les enfants de Don Quichotte, l'expression "droit opposable" appartient désormais au paysage sémantique français (la sémantique = le sens des mots). Au vu de sa notoriété, il convient d'en préciser le sens. Notons d'abord que le qualificatif  "opposable" n'est pas juridique. Selon les juristes, "la catégorie 'droit opposable' n'est pas une catégorie du droit, mais appartient au vocabulaire politique ou du sens commun". En résumé, le droit opposable est un droit qui fournit au citoyen un "intérêt à agir" soit devant des instances administratives, soit en justice. Le point fort est que ce droit opposable crée une obligation de résultat de la part de la collectivité. Si son droit n'est pas respecté, le titulaire peut intenter une action en jsutice (administrative ou judiciaire), il est autrement dit détenteur d'un "droit à agir".
    La liste ci-dessous montre que de nombreux droits fondamentaux sont des droits opposables. Néanmoins, parmi les droit constitutionnellement garantis, certains ne sont pas opposables.
Ainsi, le "droit d'obtenir un emploi", pourtant inscrit dans le préambule (introduction, pour les novices en droit constitutionnel), de la Constitution de 1946 (article 5), repris par la Constitution de 1958.
S'il était opposable, le chômage n'existerait sans doute pas dans notre pays.

Quelques exemples de droits garantis par la Constitution :
Opposables :
Droit d'asile
Droit à l'instruction
Droit de grève
Droit de se syndiquer
Droit aux soins d'urgence

Non opposables :
Droit à un "égal accès à la culture"
Droit d'obtenir un emploi
Droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence
Droit de manifestation (!!!)
Droit à la liberté d'expression


Le pragmatisme / la pragmatique :

On entend à tout va le terme "pragmatisme" ou "pragmatique" en politique.
Beaucoup croient que le pragmatisme, c'est la modération, l'accepation "d'impératifs économiques", la résignation d'une certaine manière, le réalisme.
Ce n'est rien de tout cela, mais une école philosphique
originairement américaine, dont le fondateur est Charles Sanders Peirce.
Citons le alors, pour lui rendre vraiment hommage. Voilà ses quatres postulats:

"1) Nous n'avons aucun pouvoir d'introspection, mais toute notre connaissance du monde intérieur est dérivée par un raisonnement hypothétique de notre connaissance des faits extérieurs.

2) Nous n'avons aucun pouvoir d'intuition, mais toute connaissance est logiquement déterminée par des connaissances antérieures.

3) Nous n'avons pas le pouvoir de penser sans signes.

4) Nous n'avons pas de conception de l'absolument inconnaissable."

et là je citerai un article (si tu cliques sur "article" souligné, tu tombes dessus, ô miracle de la technologie, c'est beau un lien hypertexte) très bien fait qui développe un peu cela :

"Ceci suppose, au début, un esprit vierge comme une page blanche sur laquelle s'écrivent les évènements et leurs relations. Dans cette optique on comprend alors que la construction de soi se fait au contact de l'environnement, et non de façon intrinsèque, par les objets et le langage ce qui ne permet pas de supposer une conscience objective de soi. C'est ici la zone d'intersection avec la théorie de la communication (Bateson, Piaget). De même il est impossible de se fier à ses croyances issues d'un vécu aléatoire ; il est nécessaire d'introduire une autre conception  : le pragmatisme.

Ce mot, comme "pratique ", vient du mot grec [pragma] signifiant action. Il fut introduit par Peirce en 1878 dans "Comment rendre nos idées claires ". Il constate que nos croyances sont en réalité des règles pour l’action, et soutient que pour développer le contenu d’une idée il suffit de déterminer la conduite qu’elle est propre à susciter. Le pragmatisme commence par l’étude des faits et conduit à la pensée et non l’inverse ce qui évite les polémiques et une théorie ainsi ancrée sur le réel devient un instrument de recherche. La démarche pragmatique est aussi la gestion des idées qui émergent de la recherche et qui sont en contradiction avec celles antérieurement admises."

    Donc le pragmatisme est une théorie de la connaissance en somme, toute connaissance devrait se rapporter à l'action, passer par l'épreuve. Cela n'implique pas une praxis de droite ou de gauche ou qui devrait accepter les contraintes du libéralisme économique.

Il existe une praxis de gauche, une praxis de droite...

Surtout que l'on laisse croire grace à cette pragmatique qu'il n'y a plus qu'un seul type d'action possible. Le Socialisme? impossible, c'est une utopie! La nationalisation d'un secteur de l'économie? vous n'y pensez pas, non il faut être pragmatique...

Alors, je crois qu'il est bon de ne pas disqualifier une théorie sous le prétexte de la pragmatique, pour but d'imposer une seule théorie qui n'est pas moins utopique ou idéologique que les autres.

 

Sur ce, tenez bon chers lecteurs!

Par anarchange - Publié dans : Petits mots et grands sens
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